vendredi , 20 avril 2018
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Atelier pédagogique Apidae. ©Apidae

Quand les abeilles arrivent en ville…

Depuis les années 1990, les abeilles disparaissent y compris en Suisse. Moins d’abeilles, moins de pollinisation et un rendement des cultures vivrières en danger. Pour y pallier, des initiatives émergent jusqu’en ville!

70% des végétaux qui fournissent 90% de la nourriture dépendent de la pollinisation des abeilles, or on assiste depuis 1985 au «syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles»: des ruches vides au printemps.
Les raisons sont multiples. «Le mélange des pesticides, fongicides et herbicides est destructeur», explique Jonathan Von Gunten de Beesafe. Il cite aussi le Varroa destructor, un parasite qui les extermine.
Victorine Castex, apicultrice fondatrice de l’association Beeotop dénonce «la perte de biodiversité et le manque de nourriture pour couvrir leurs besoins. Résultat, les apiculteurs sacrifient les récoltes à la survie des colonies».
Cédric Périat d’Apidae insiste: «les pollution et prolifération des perturbateurs endocriniens les impactent. La qualité du sperme des faux bourdons –leurs mâles, est altérée.» Mais il existe des solutions et même en milieu urbain. Depuis 2016, Beeotop œuvre pour la sauvegarde des abeilles et la biodiversité en ville en sensibilisant le public à leur disparition: ateliers d’initiations, formations à l’apiculture et animations pédagogiques dans son rucher-école. «Il faut soutenir les apiculteurs locaux, consommer bio, local et de saison, recréer des refuges écologiques pour les insectes pollinisateurs et planter des fleurs mellifères pour les nourrir.»
Beesafe valorise le contact avec les abeilles depuis 2017 avec du sponsoring de ruchers auprès d’entreprises et de collectivités «avec 3-4 ruches pour bien s’en occuper» et des actions pédagogiques auprès des employés, des enfants et du public à la clé pour ne plus en avoir peur!».

Semer à tout vent
«Le milieu urbain est propice aux butineuses car il y a moins de pesticides et plus de biodiversité», souligne Nicolas Marsault, fondateur de Bees4you, Sàrl créée en 2012 grâce au Prix IDDÉA. Cet amateur formé au rucher-école de l’École genevoise d’apiculteurs de Lullier récolte plus d’une tonne de miel dans les ruches de ses clients. «Tous convaincus par le développement durable et avec la volonté de s’engager, ils en parrainent une ou en hébergent au moins trois.».
L’exposition didactique, L’abeille, miroir de l’Homme?, aux Berges de Vessy en 2017 était signée Bees4you et Nicolas fourmille d’idées: parrainages grand public, webcams dans des ruches, projets d’activités pédagogiques…
De son côté Apidae, créée en 2013, lauréate du Prix CREAGIR, défend une approche participative et inclusive avec notamment ses projets Miel de quartier comme celui de Jonction, lauréat de Nature en Ville 2017 ou le parrainage de ruches en campagne aux particuliers.
Cédric espère implanter des ruchers communaux «ainsi que des maisons pour abeilles sauvages, elles aussi menacées». L’association concocte aussi un mélange de 28 variétés de graines mellifères à semer à tout vent pour couvrir les besoins alimentaires des abeilles et autres pollinisateurs. Et tous s’impliquer.

Isabelle Fringuet-Paturle

Le site d’Apidae, association à but non lucratif: www.apidae.ch
Le site de Beeotop, association reconnue d’Utilité publique: www.beeotop.ch
Les site de Bees4you: www.bees4you.ch
Beesafe Project sur Facebook: www.facebook.com/Beesafeproject

 

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