vendredi , 20 avril 2018
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Coulée verte jusqu’à Chêne-Bourg

Partie de la future traversée verte à travers le Grand Genève, la voie bientôt inaugurée s’offre aux piétons et aux cyclistes entre la gare des Eaux-Vives et Annemasse.

Inscrite dans le Plan directeur de la Ville de Genève et les projets d’agglomération, on l’attendait depuis 10 ans. Ouverte en décembre dernier, la voilà bientôt inaugurée, fin avril, dans sa version définitive. Aménagé sur la tranchée couverte de la prochaine liaison ferroviaire du CEVA (étape du futur Léman Express transfrontalier), le large ruban à deux voies s’étire sur 3,6 km des gares des Eaux-Vives et de Chêne-Bourg et au-delà de la frontière, sur le tracé de l’ancienne Micheline, jusqu’à Annemasse. Marcheurs, cyclistes, adeptes du jogging, mamans avec leurs poussettes, trottinettes, skates, chaises roulantes, promeneurs de chiens ont déjà adopté le tronçon genevois. C’est aéré, ça ressemble tout à la fois à une piste et à une aire de loisirs, on mire les montagnes à l’horizon et surtout on est protégé du bruit. Encore a-t-il fallu attendre la fin des rigueurs hivernales pour poser les deux revêtements définitifs, l’un en enrobé et l’autre écologique et doux sous le pied, en gravier stabilisé à base de granulats naturels ou sable de béton recyclé et ciment de verre «ecostabil». Entre ces deux parties s’ajoute un ballast pour rappeler la trame ferroviaire. L’idée étant, selon l’office de l’urbanisme cantonal, de «favoriser la mixité des usagers, dans le respect et la sécurité des uns et des autres, en fonction notamment des contextes et des moments de la journée.» Sur ce tronçon, on s’attend à l’afflux de cyclistes aux heures de pointe et à davantage de balades piétonnes aux heures creuses.

Biodiversité
La coulée verte le sera vraiment avec les beaux jours. Compensation aux pertes écologiques engendrées par la construction du CEVA, 575 arbres ont été replantés à partir de mars 2017, dont près des deux tiers sur l’emprise de la voie, ainsi que 67’000 graines récoltées par le Jardin Botanique avant les travaux ferroviaires. Quant aux murets pierreux, ça et là, ils devraient attirer les lézards. Autant de mesures qui favorisent la biodiversité. Elles viennent aussi ajouter le plaisir bucolique à un important potentiel d’usagers. Aux 35’000 riverains s’ajoutent les 6’000 élèves des écoles environnantes. Sans oublier les frontaliers, car l’inauguration devrait coïncider avec l’ouverture du tronçon de 1,8 km entre la frontière et la gare Annemasse qui accueillera, fin 2019, les premiers voyageurs du Léman Express. 

Le grand projet durable
D’ici une dizaine d’années, en grande partie à l’écart du trafic, 22 kilomètres en continu dédiés à la mobilité douce vont traverser le bassin lémanique de Saint-Genis (Ain) à Annemasse (Haute-Savoie) en passant par Genève qui deviendra le cœur de la région. Intégré dans le futur Grand Genève, le projet d’agglomération étudié et remanié depuis 2011 se concrétise ainsi avec cette nouvelle voie verte. S’y ajoute la nouvelle passerelle piétonne du viaduc de la Jonction, également réalisée dans le cadre des travaux du CEVA. Pour le reste, l’Etat, les neuf communes genevoises et les cinq communes françaises concernées s’attellent à l’objectif final. Certains tronçons sont en phase d’études, d’autres déjà en attente d’autorisation. Sur l’ensemble du tracé, 8 km traverseront la ville, des Eaux-Vives au parc Bertrand en passant par Champel, le pont de la Fontenette, les Vernets, la Jonction. Au-delà, Thônex, Chêne-Bourg, Chêne-Bougeries, Cologny, Carouge, Vernier, Meyrin, Satigny sont également inclus dans le projet soutenu par la Confédération.
Depuis le tournant du siècle, la mobilité douce ne cesse de gagner du terrain, au point d’être reconnue comme le troisième pilier de la mobilité, au même titre que les transports publics et la motorisation privée. Après une première augmentation très marquée, les deux-roues ont encore progressé de 20% entre 2011 et 2015. Aujourd’hui, la marche et le vélo ne sont plus considérés comme les moyens de déplacement «du pauvre» ou réduits à des activités de loisir, mais bien comme la manière la plus efficace de se déplacer sur de courtes distances. Avec l’évolution démographique, la mobilité douce dont le Léman Express sera le complément direct, permettra d’autant de soulager les flux motorisés, tout en s’imposant comme une composante essentielle d’un urbanisme durable, préconisé par toutes les planifications pour les années à venir. 

Viviane Scaramiglia

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