vendredi , 20 avril 2018
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Roland Burkhard dans sa galerie-espace culturel Humanit’Art. ©Isabelle Fringuet-Paturle

Conjuguer art et humanitaire

Une vaste galerie ouverte sur la rue s’est installée il y a peu dans le quartier des Bains. Des œuvres sont accrochées aux murs comme il se doit, mais on aperçoit aussi un piano à queue et une sorte de salon. Humanit’Art n’est pas qu’une galerie traditionnelle…

Il s’agit en fait d’une galerie d’art-espace culturel «pour créer un lien, un pont entre l’art et l’aide humanitaire». Ses expositions -peintures, sculpture, photographies et ses ateliers, stages et événements contribueront à financer l’association humanitaire Aide-en-Raid. Celle-ci apporte depuis 2009 son aide et soutien à des communautés rurales vivant avec très peu de ressources dans des zones montagneuses difficiles d’accès. Et c’est un homme éclectique qui est à l’origine de ce projet protéiforme. Avocat et juge suppléant, retraité de l’enseignement au Centre de formation professionnelle Arts, passionné d’art, photographe amateur confirmé par une série d’expositions dont une aux Rencontres d’Arles en 2013 et candidat socialiste aux élections du Grand Conseil genevois de ce 15 avril, Roland Burkhard s’investit dans l’humanitaire depuis 2009.
En 2008, il a participé à un raid humanitaire en Roumanie à bord de son 4X4 bourré de matériel et de cadeaux. Convaincu de la pertinence de ce type d’actions, il créé son ONG dans la foulée. Aide-en-Raid est aujourd’hui reconnue d’utilité publique.

Des locaux, une opportunité
Les raids s’enchaînent chaque année avec jusqu’à 4 véhicules et l’ONG installe désormais des pompes à eau, des kits solaires et prodigue des soins médicaux. Les amitiés se nouent et c’est ainsi qu’un papa confie sa jeune Drissia à Roland pour qu’elle puisse être scolarisée en Suisse à l’âge de 12 ans.
Roland rapporte de chaque mission force cadeaux, d’où l’idée de revendre à Genève ces trésors d’artisanat au profit d’Aide-en-Raid. Et c’est en cherchant un local qu’il est tombé sur cet espace se divisant sur trois niveaux à deux pas de ses bureaux: «Plus question d’un commerce de seconde main; il fallait lier l’humanitaire à l’art.»
D’importants travaux d’aménagement plus tard, Humanit’Art inaugure une exposition mensuelle avec, à chaque fois, les vins genevois d’un vigneron indépendant et souvent les interventions musicales d’artistes locaux.
Il y a eu les œuvres sculpturales de métal et d’or de Boris Gratry, les saisissantes montagnes de Charles Vogt, les labyrinthes colorés de Chufy et actuellement, les ingénieuses créations du sculpteur sur marbre et architecte designer parisien Victor Gingembre, une exclusivité en Suisse et à Genève.
Le succès est au rendez-vous grâce au carnet d’adresses de Roland et surtout à son charisme indéniable; mais il réfléchit déjà en lissant les crocs de ses moustaches à ce qu’il pourrait bien encore proposer à partir de ce magnifique lieu où Caran d’Ache et les montres Pil, conquis par les lieux, ont installé des vitrines.
Ce sera probablement quelque chose de confidentiel autour du bar cosy du sous-sol, quelque chose autour de «l’art sous toutes ses formes… et l’humanitaire dans tous ses états!»

Isabelle Fringuet-Paturle

Humanit’Art
Rue du Diorama 14, 1205 Genève
Tél. 022 808 07 93 ou 076 616 42 00
Exposition en cours: Œuvres et sculptures de Victor Gingembre du jeudi 8 mars au samedi 7 avril
Les montres Pilo de Genève et de très beaux objets de la maison Caran d’Ache
www.humanitart.ch

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