mercredi , 21 février 2018
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Si le patient est fidèle à son hygiéniste, les soins sont gratuits.

Des soins dentaires gratuits

Le fondateur d’une clinique d’hygiène dentaire genevoise lance un contrat alléchant. Si ses patients paient des séances régulières chez l’hygiéniste, les soins dentaires leur sont offerts.

La Garantie Soins Gratuits, c’est l’offre lancée par le Dr Sofian Ameur, fondateur et associé-gérant d’une clinique d’hygiène dentaire. Le principe? «Vous payez vos séances régulières chez l’hygiéniste. En contrepartie, nous nous engageons à vous offrir gratuitement les soins dentaires en cas de problèmes futurs.» Relevant que «ce qui est cher, ce sont les traitements dentaires», le dentiste, assistant en orthodontie à la Clinique universitaire de médecine dentaire, pousse à fond le concept du «mieux vaut prévenir que guérir». « Alors que les problèmes bucco-dentaires, caries, maladies de la gencive, connaissent une recrudescence, le maintien d’une bonne hygiène dentaire est primordial. Un suivi régulier chez l’hygiéniste permet d’éviter bien des maladies et donc des frais considérables, surtout quand des soins complexes sont nécessaires. Résultat: par souci financier, bien des gens renoncent aux traitements ou vont se faire soigner à l’étranger, tout en sachant qu’il y a des risques.

Le contrat, comment ça fonctionne?
Première étape: deux rendez-vous pour un contrôle complet chez le médecin-dentiste. Si le patient ne présente ni caries, ni maladie de gencive et que ses anciens plombages ou couronnes sont en bon état, il peut intégrer le programme. Sinon, il doit se faire soigner avant. Puis, le contrat est signé. Le patient est dès lors tenu à prendre des rendez-vous réguliers chez l’hygiéniste et à appliquer chez soi les bonnes pratiques (bon brossage des dents, dentifrice au fluor, fil dentaire ou brossettes). A CHF 140.- la séance, généralement deux fois par an, la dépense correspond à une vingtaine de francs par mois (en fonction des facteurs de risque, un rendez-vous sera utile tous les trois à quatre mois). L’offre correspond à une sorte d’assurance fonctionnant à l’échelle de la clinique. Pas de problème de franchise, comme dans le cas d’une complémentaire dentaire, et la garantie de soins remboursés à 100%. Une grande prise de risque? Pas vraiment. «Une dent propre ne tombe pas malade et ne tombe pas non plus. Les pires ennemis sont la plaque dentaire et le tartre. Nos professionnels sont formés à les éliminer et à enseigner aux patients les bons usages pour limiter leur apparition.» L’homme a confiance dans son concept. En évitant des grosses factures aux gens, ces derniers vont vraiment se responsabiliser et faire un effort pour prendre soin de leur santé bucco-dentaire.
«Le réflexe de consulter d’abord son dentiste qui nous redirige vers un hygiéniste reste ancré dans les mœurs», observe Sofian Ameur qui rêve d’inverser la tendance. «Le chef d’orchestre, c’est l’hygiéniste. C’est lui qui, en cas de besoin, vous orientera vers le dentiste.»

L’inquiétude des médecins-dentistes
Le praticien espère que sa démarche fasse boule de neige. Mais n’est-il pas en train de couper l’herbe sous le pied des médecins-dentistes? La Garantie Soins gratuits n’est pas sans inquiéter l’Association des Médecins-Dentistes de Genève. Elle y voit «une annonce commerciale» visant «à trouver de nouveaux patients pour une structure clinique qui souhaite croître». Elle relève en outre que le centre d’hygiénistes ouvert en 2016 comporte aussi les secteurs de dentisterie et de chirurgie dentaire, ainsi que la dentisterie esthétique dont les traitements généralement plus onéreux que les soins de base sont exclus des soins gratuits. «Notre déontologie nous encourage à respecter nos collègues et ne pas chercher à détourner leur patient.» Les médecins-dentistes de l’AMDG indiquent faire la promotion de la prévention tous les jours et soulignent que «l’état bucco-dentaire des Suisses reste l’un des meilleurs au monde».
Le Dr Sofian Ameur se défend de toute publicité. Son concept axé sur la prévention pour maîtriser les coûts arrive pile dans cette période où les initiatives réclamant une assurance dentaire obligatoire se multiplient dans les cantons romands. A Genève, une initiative populaire lancée par Ensemble à Gauche a été rejetée par le Parlement. Le peuple sera donc appelé à voter sur cette proposition et, probablement, un contre-projet du Conseil d’Etat en 2018.

Viviane Scaramiglia

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