vendredi , 22 septembre 2017
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Temps de répétition aux Cordiers Sessions. ©JayLouvion

Ode aux murs

On s’attache aux choses parfois. Reflets imprégnés de sentiments, symboles de vies intimes, évocations d’un temps, de liens, d’histoires. Elles existent en dehors de nous et, ce faisant, nous donnent l’occasion de distinguer quelques précieuses images dans le fouillis de nos intériorités. C’était le cas de cet immeuble à la rue des Cordiers, pour une bande d’amis qui ont voulu lui rendre hommage en musique.

Les murs vulnérables, les gouttes qui échappent aux cloisons, le craquement des os, la porosité des parois, le vent qui chantonne dans les volets fatigués, la température si aisément troublée par les tourbillons du dehors, la vigoureuse résistance des planches, des poutres et des tuyaux, la rouille et l’usure des heures par milliers. Tout cela se retrouve, gravé dans les sillons aux seules forces d’une joie amicale, d’une solidarité musicale et de cet élan qu’ont les êtres de faire des choses ensemble par bonheur.

La bande d’amis
Au milieu des câbles et des rires, entre deux micros et deux nuits, ils se sont racontés des histoires. Au creux d’un canapé avachi mais toujours capable de recevoir un guitariste ou un chanteur, les quatre potes musiciens ont signifié leur affection pour ce grand frère croupissant bientôt démoli. Les chansonniers Sébastien Gabriel et Michaël Perruchoud, l’Irlandais songwriter David Powell et l’homme-orchestre Anthony Weber ont installé le matériel et la camaraderie au beau milieu d’un salon sinon voué au silence et à l’oubli.
La bande numérique roulait et l’on peut désormais écouter en boucle ce que les micros y ont capturé. Des chansons différentes comme les chambres singulières d’un même appartement, le bruit des visiteurs qui passent avec leurs bagages, délicatement déposés là où ils y furent invités. Qui posant ici une batterie, un piano, une guitare, une basse, une voix, une trompette, un accordéon, n’ont pas résisté à l’appel des sympathies et de la simplicité.

Volume 1 et 2
Michaël, ex-habitant du feu appartement, témoigne que la cohérence du disque tient sans doute à la magie du lieu et au travail réalisé tous ensemble. Les chansons ayant «largement évolué durant les sessions, certaines sont nées pendant, et une a été composée sur le palier». Celle-ci paraîtra dans le volume 2, en gestation, et dont la finalisation marquera le début des apparitions scéniques. 36 chansons enregistrées, 25 gardées sur un double CD physique à venir en novembre.
Sur scène, le vernissage regroupera tout le monde, après il faudra s’arranger: la voisine passée voir ce qu’il se passait et qui quinze minutes plus tard enregistrait un chœur ne pourra sans doute pas être là à chaque fois, comme les nombreux autres acteurs de cette belle célébration d’une démolition! 

Boris Dunand

www.cordiers.com
FB: Cordiers sessions
contact@cordiers.com

 

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