jeudi , 21 septembre 2017
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Jean Ketterer dans son atelier à la manivelle d’un orgue de Barbarie. ©Isabelle Fringuet-Paturle

L’orgue de Barbarie, la passion de Jean

«Au vide-grenier des Minoteries, j’avais pris des cartes de chants d’enfants. Quel succès! Ils ne me quittaient plus…». Rencontre avec Jean Ketterer, tourneur, fabricant de carton et arrangeur musical et surtout dernier noteur de cartons d’orgue de Barbarie en Suisse…

«J’ai appris l’artisanat à la retraite» s’amuse Jean. Et cela fait maintenant 27 ans qu’il s’adonne à sa passion: l’orgue de Barbarie, instrument à vent de la famille des autophones.
Tout a commencé avec la lanterne magique que son père trop tôt parti avait reçu pour ses 12 ans et lui avait offert au même âge. La lanterne disparue, Jean a acquis un grammophone sur lequel il fait encore tourner des 78 et même des 86 tours. Il en a collectionné plus de 70.
Puis il découvre le nouvel objet de sa passion au Festival de l’orgue de barbarie de Carouge en 1988. Du coup, il a revend sa collection de tourne-disques pour acheter un orgue de Barbarie «presto subito!».

La fabuleuse histoire de l’orgue de Barbarie
Selon lui, l’orgue de Barbarie est arrivé en Europe avec les Croisés, «Mais Charlemagne en aurait reçu un en cadeau». La légende raconte qu’il doit son nom à un facteur italien, Barberi, ou bien à un certain John Burberry…
«De toute façon à l’époque, tout ce qui était importé était barbare» souligne Jean. Et d’égrenner la fabuleuse histoire de son protégé: «Il est cité dans la 2e version du Roman de la rose et il accompagnait les pèlerins à Rome pour chanter près des églises, les blessés de guerres napoléoniennes en recevaient un en guise de pension…».
D’où probablement cette tradition de la manche qui l’accompagne. Jean rit: «À l’époque, la manche finançait les frais de route!». Et il en a fait de la route: en Suisse, en Belgique, en Italie, en France, en Hollande, au Luxembourg et «jusqu’à Vienne où on vidait le chapeau toutes les demie-heures avec de la Polka!».
A Sète, il jouait du Brassens, à Sainte-Maxime, du New Orleans…

La passion selon Jean
Car Jean est un fabuleux arrangeur. Doté d’une formation musicale –«condition sinéquanone», il est capable de tout adapter et de tout noter sur les cartons: du classique, de Beethoven à Schubert, du jazz, de l’opéra et surtout du ragtime qu’il adore!
Aujourd’hui Jean a cédé beaucoup de ses orgues et cartons «Je n’ai même pas gardé Les copains d’abord de Brassens». Mais il en reste encore, juste à côté de sa perceuse à cartons et des ses orgues favoris.
Il se produit encore en duo avec Gérard Leffel, souffleur de cor des Alpes aux Gets ou à Collonge-sur-Salève où «les concerts commencent toujours par du Verdi car il s’y est marié», il fait des conférences. Il y a toujours une occasion de tourner encore la manivelle des ses orgues et surtout, il ambitionne de remonter le festival de l’orgue de Barbarie de Carouge «avec 12-15 orgues et sur une seule journée».
Allez chiche, faites tourner l’info!

Isabelle Fringuet-Paturle

Vous pouvez rencontrer Jean Ketterer à la MLC Librairie café, 98, rue de Carouge, 1205 Genève à l’heure du café ou de l’apéro…

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