mercredi , 22 novembre 2017
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Le monde de la reliure recèle bien des secrets et des savoir-faire! ©Magali Bossi

Reliure: l’amour des livres

Au 10 rue du Village-Suisse se tapit l’atelier de Magali Aellen Loup. On y redonne vie aux pages, aux sceaux en cire et aux couvertures en tout genre.

Les livres ont encore bonne presse. Mais ce qu’on oublie, c’est qu’ils ont une dimension matérielle. Ils subissent les effets du temps et de l’usage, pouvant nécessiter l’attention du restaurateur! La reliure et la restauration sont pourtant peu connues. Rencontre avec Magali Aellen Loup, professionnelle passionnée.

Pouvez-vous nous parler de votre formation?
J’ai suivi un chemin non-conventionnel. Après une licence en Sciences de l’éducation, j’ai fait un apprentissage de reliure artisanale à Carouge. Je me suis formée entre autre au Centro del Bel Libro (Tessin). J’ai travaillé à l’Université de Durham (Angleterre), puis suis revenue à Genève, pour travailler ici.

Comment décrire votre métier?
Du relieur qui réparait les livres au conservateur-restaurateur, le métier a énormément évolué. Aujourd’hui, la formation allie théorie et pratique, grâce notamment à un cursus académique de cinq ans, proposé à la Haute École des Arts de Berne. Du point de vue des pratiques, l’évolution est tangible: on questionne la manière de prendre en compte l’objet, jusqu’où intervenir et comment… L’échange entre professionnels et l’apport d’autres disciplines (histoire ou sciences) est très important.

Concrètement, comment opérez-vous?
Je m’occupe de la restauration du papier, des livres et des documents d’archives, ce qui m’amène à travailler sur divers matériaux: papier, cuir, parchemin et sceaux en cire. Je m’occupe aussi de conservation préventive: comment conditionner un ouvrage pour optimiser sa durée de vie, par exemple. Quand je reçois un objet, je vais discuter avec le client ou le conservateur, s’il s’agit d’une institution, afin de comprendre le contexte de l’objet. Puis l’étudier pour détailler les dommages et décider du traitement. Un rapport de restauration accompagne toujours le travail, avec des photos pour documenter l’état de l’objet avant, pendant et après traitement, ainsi que le détail de l’intervention et les matériaux utilisés.

Sur quels documents avez-vous travaillé?
J’ai par exemple travaillé avec un groupe de restaurateurs sur des listes de prisonniers de la Première Guerre mondiale, conservées par le CICR. Elles étaient très détériorées: ce travail a duré près de huit ans! C’était important car ce sont des documents uniques. Si un nom disparaît d’une ligne, c’est une personne qui disparaît de l’histoire. Aujourd’hui, ces listes sont numérisées et accessibles en ligne. Elles ont été classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Propos recueillis par Magali Bossi

Atelier reliure-restauration
Rue du Village-Suisse 10, 1205 Genève
Tél. 022 808 08 36
www.hkb.bfh.ch
www.restaurierung.swiss

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