jeudi , 23 novembre 2017
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Erica en Afrique du Sud avec les Vervets.

Erica l’exploratrice

Depuis son plus jeune âge, Erica van de Waal se passionne pour les singes. Après un Master en écologie et éthologie à l’université de Neuchâtel, suivi d’un doctorat, elle poursuit son rêve et devient directrice d’un projet de recherche au sujet des singes Vervets en Afrique du Sud. Une belle carrière pour une exploratrice talentueuse et intrépide.

Rencontre avec Dr van de Waal, au calme à Carouge, son point d’ancrage entre deux voyages.

Erica, quel est ton parcours?
J’ai toujours aimé voyager, le côté aventurier, découvrir le monde. A 12 ans, j’ai fait ma première rencontre avec des singes sauvages, le macaque japonais. Après une maturité en science expérimentale j’ai pris une année sabbatique. En Inde, j’ai été bénévole au sein de l’Institute for Indian Mother & Child à Calcutta pendant trois mois, professeur de ski en hiver, guide à cheval en Islande, puis volontaire à Bornéo au sein d’une fondation pour sauver les Orangs-outans. Là j’y ai rencontré des biologistes qui vivaient de leur passion. Et je suis restée en Indonésie où je suis devenue guide de plongée. J’ai failli ne pas revenir pour commencer mes études en biologie et éthologie à l’université de Neuchâtel. Mais il fallait que je tente ma chance avec les singes.

…Et tu es allée jusqu’au doctorat!
Oui, j’ai eu la chance de rencontrer un professeur d’éthologie spécialiste en poissons nettoyeurs. Entre le Bachelor et le Master, je suis partie avec lui sur le terrain en Mer Rouge pour étudier les poissons. Depuis cette expérience, il m’a beaucoup soutenue. Pour mon Master, je voulais me pencher sur la culture des primates. Grâce à mon professeur, j’ai eu l’opportunité de rejoindre une doctorante en Afrique du Sud qui cherchait une étudiante pour l’aider dans ses recherches. J’y ai découvert les singes Vervets, espèce invasive en Afrique du Sud. La suite de mes recherches a naturellement porté sur le même sujet.

En quoi consistent tes recherches?
Il n’y a pas de fossile des comportements. Les primates représentent un lien vivant à nos comportements primaires. Les résultats des expériences et observations devraient nous aider à mieux comprendre ce qui rend notre culture humaine si unique. Nous avons nommé ce projet le Inkawu Vervet Project. Inkawu signifie singe en zulu, car notre ferme privée de 12’000ha se trouve en terre zulu. Nous y étudions de nombreux groupes de singes sauvages habitués aux contacts humains. Durant les dix premières années, j’y ai passé la moitié de mon temps. Aujourd’hui, j’y vais deux fois par an. Une équipe de dix à quinze personnes y travaillent en permanence. Le financement du mouvement provient du Fonds National Suisse de la Recherche scientifique et de Society in Science, the Branco Weiss Fellowship. Un programme qui permet d’avoir de l’argent pendant cinq ans. Un minimum pour avoir de bonnes idées!

Propos recueillis par Sophie Kurer

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