mercredi , 23 août 2017
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Train, avion, voiture, c’est la galère!

Nausées, pâleur, respiration accélérée, vomissement… Pour ne pas trop tanguer sur la route des vacances, quelles sont les solutions?

La scène est connue. La route sous le soleil, des enfants à l’arrière et voilà qu’il faut sortir les sacs à vomi, comme ceux généralement mis disposition dans les avions. Quoi que… Selon Steve J. Silberberg, l’un des collectionneurs de sacs à vomi les plus actifs au monde, il sont moins courants qu’autrefois et bien rares ceux qui les utilisent. A peine 0,5% selon les enquêtes, tandis que les passagers comptent moins de 9% de nauséeux. Les chercheurs y voient l’effet de la qualité des avions et notre habitude de voyager en l’air. Plus on a d’heures de vol à son compteur, moins on serait susceptible d’être malade. Mais on n’est pas au bout de nos peines. Une personne sur trois développe au moins une fois dans sa vie les symptômes d’une cinétose, autrement dit le mal des transports. Il y a d’abord cette vague impression de mal être, on pâlit, on bâille, on somnole. Les vomissements et nausées ne sont pas loin, accompagnés de sueurs froides, de tachycardie. Tout cela n’est pas bien inquiétant, seulement gênant. Allez savoir pourquoi les bébés et les personnes âgées sont les moins atteints et que les femmes sont plus sensibles que les hommes. Le mal de mer atteint 25 à 30% des passagers, mais tout dépend de l’état des vagues et de la durée de la traversée. En voiture, les enfants de 3 à 12 ans sont les plus vulnérables. Pour ne craindre rien du tout, on peut toujours aller à cheval. En revanche, on ne sort pas forcément indemne d’une balade à dos de chameau ou d’éléphant. Mais quels sont les mécanismes qui nous font chavirer ainsi?

Nos perceptions en déroute
A la source de la cinétose, il y a un conflit de perceptions. Le cerveau ne sait plus à quels capteurs se vouer pour déterminer si le corps bouge ou pas. Tous les maux sont imputables à la pagaille dans nos systèmes d’équilibre qui ne fonctionnent plus en simultané. Sensible aux changements de direction et aux accélérations, fortement stimulé lors des transports, l’appareil vestibulaire de l’oreille transmet des influx contradictoires vers les centres nerveux. La vue censée donner des points de repères est en décalage, tout comme notre proprioception qui permet à nos membres et articulations d’envoyer au cerveau des informations sur leur position. S’y ajoutent les odeurs, la chaleur, le confinement, les bruits qui peuvent intensifier les symptômes.

Les bon réflexes
Les spécialistes sont unanimes. Pour alléger les maux, il faut s’asseoir à l’endroit le moins agité. En avion, sur le siège situé au niveau de l’aile. En bateau, dans la partie centrale. En voiture, à l’avant (sauf les enfants). Normal, un conducteur n’est jamais malade. Valable aussi en train: on évite la lecture, l’écran, la vision axée sur des choses proches, mieux vaut regarder l’horizon. Minimisez les mouvements de la tête, un oreiller ou un appui-tête peuvent aider à rester aussi immobile que possible. Prenez l’air. Si possible, ouvrez les fenêtres, grimpez sur le pont supérieur d’un bateau pour aller respirer l’air du large. Il semble que s’efforcer de respirer profondément atténue les symptômes. Et évidemment, évitez les repas lourds. Et  contre les maux des enfants: arrêtez-vous souvent si vous voyagez en voiture pour qu’ils puissent s’ébrouer librement.
Des médicaments existent. Mais parce que ces substances ne sont pas dénuées d’effets secondaire, il est recommandé de demander l’avis de son médecin ou pharmacien. Elles appellent à une grande prudence pour les enfants, il est donc à fortiori utile d’en parler au pédiatre. Du côté des plantes, le gingembre en poudre permet de prévenir ou d’arrêter les nausés, tout comme la menthe poivrée, dont l’usage est reconnu par l’OMS.

Ces maux mystérieux
Au-delà du mal du voyage, il existe aussi le mal du voyageur… Quelle est votre destination? Si elle est culturelle, voyez le syndrome de Stendhal. Lié à la surabondance d’œuvres d’art, il inspire une sorte de fascination sidérante dans la contemplation de choses sublimes. Le syndrome de Paris touche surtout les touristes japonais confrontés au choc entre leur rêve idyllique de la Ville Lumière et la réalité. Il y a aussi ce mal étrange qu’est le syndrome indien, déstabilisant au point de vous faire perdre tous vos repères ou à contrario vous amène à les rechercher  en vous-même. Puis, il y a le mal du pays. Ce bon mal qui nous ramène chez nous une fois les vacances finies pour avoir bientôt le désir de repartir.

Viviane Scaramiglia

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