dimanche , 28 mai 2017
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Inspiration de NANA.

Marilyn, l’icône d’une Eaux-Vivienne

Dans le raz-de-marée artistique du 11 mai en Vieille-Ville, rendez-vous avec les collages de l’artiste anglo-genevoise Joanna Blanquart-White qui réveille le mythe Monroe.

De Joanna, on connaît surtout sa longue trajectoire de réflexologue. Mais l’artiste, alias NANA, a entretenu pendant plus de 40 ans des liens atypiques avec Marilyn Monroe et développé une œuvre foisonnante, empreinte de fantaisie et d’un non-conformisme absolu. A partir des années ’70, elle se passionne pour le collage. Magazines, photos, images populaires, tout retient son attention et tout finit découpé par ses ciseaux habiles, collé, juxtaposé, superposé, peint, pour devenir des pièces qui métamorphosent les lieux communs et détournent le sens attendu. «Je n’ai jamais eu l’idée de les montrer ni de les vendre», raconte cette habitante des Eaux-Vives. Découvrir son travail aujourd’hui tient de la pure coïncidence. Tandis qu’elle encadre quelques-uns de ses collages dans un atelier d’objets d’art,  elle rencontre inopinément une connaisseuse. Son enthousiasme sera le déclencheur. Mise en relation avec le galeriste Patrick Gutknecht, révélée lors d’une première exposition en 2010, l’artiste, malgré elle, reçoit un accueil chaleureux et les ventes sont prometteuses. «Je partais pourtant avec un handicap! observe le galeriste. Je n’ai jamais été un fan de Marilyn, mais l’œuvre très sensible m’a séduit par sa différence.»

Une œuvre très intime
Ce deuxième accrochage réunit une trentaine de collages. Des plus anciens aux plus récents, ils nous captivent avec des titres décalés, comme Sois Belle et Tais-toi ou To Bed not to Bed. Il y a là des mises en abyme, des courbes, des lignes droites, des lamelles, des découpes très stylisées et parfois, en superposition, des fleurs de Georgia O’Keffe, l’artiste américaine qui fascine Joanna depuis l’enfance. Du minimalisme à l’exubérance, du noir blanc à la couleur, ses collages dessinent des visions très personnelles de l’icône éternelle, inspirées par sa propre vie d’aventures. Anglaise née à Londres, l’artiste vit un an dans une roulotte avec sa mère lors de la rupture de ses parents. A 17 ans, elle part à Paris, c’est l’existentialisme et les caves de Saint-Germain. Puis c’est le Sud de la France en auto-stop et la Californie en pleine effervescence hippie. Seule, mère de trois enfants, elle revient en Europe, à Genève. «La vie à ce moment-là ne fut pas facile. C’était pile en 1972, lors des 10 ans de la mort de Marilyn, la fin tragique d’un drôle de destin.» Hommage serait son premier collage. «Je ne suis pas une groupie de Marilyn, mais elle me permet de dire des choses avec mes propres mots. On a utilisé le mythe de la star, la blonde stupide et mal payée. Sous bien des aspects, elle représente pour moi toutes les femmes».

Viviane Scaramiglia

Galerie Patrick Gutknecht
Marylin Monroe de NANA
Du 11 mai au 8 juillet
rue Saint-Léger 28,
1204 Genève
www.gutknecht-gallery.com
www.nanasmms.wix.com/nana

Art en Vieille-Ville – AVV
Vernissage le 11 mai
Portes ouvertes de 11 galeries et 3 institutions
www.avv.ch

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