samedi , 22 juillet 2017
Accueil » Editions » Tango Nomade à Genève
Cécile, Daniel, Sandy et Pierre, le quatuor de Tango Nomade. © Isabelle Fringuet-Paturle

Tango Nomade à Genève

Né dans les faubourgs de Buenos Aires à la fin du 19e siècle, le Tango est aujourd’hui dansé tout autour du monde, et surtout à Genève… Rencontre avec le quatuor de Tango Nomade.

«Il y a des milongas presque chaque soir à Genève!», s’exclament Cécile, Daniel, Sandy et Pierre. Deux couples de danseurs de tango. Les premiers depuis 15 ans, les seconds depuis 5 ans et tous passionnés. Ils l’ont dansé en Argentine dans les milongas à Buenos Aires, lors de festivals en France, Italie et Espagne ou des stages avec «les meilleurs danseurs de tango». Ils le dansent ici à Genève, plusieurs fois par semaine. L’apprentissage du tango est difficile. «Si votre mariage survit à cet apprentissage, il résistera à tout», selon un proverbe portègne. Car le tango est né dans le port de Buenos Aires à la fin du XIXe siècle. On y dansait la habanera et la guajira cubaines, le flamenco et le fandango sur des rythmes de contredanse européenne ou de tambours africains. Discépolo, parolier de tango, le décrit comme «une pensée triste qui se danse» et Guitry se demande «pourquoi ça se danse debout!».

Dansé au départ entre hommes dans les cabanes des immigrés, les conventillos, il est devenu une danse de couple codifiée. Très populaire, il a traversé les mers au début du XXe siècle pour devenir une danse bourgeoise à Paris et enfin de bon goût en Argentine. Carlos Gardel, né toulousain et premier chanteur de tango, contribuera à son essor, tout comme le compositeur et bandonéoniste Astor Piazzolla.
«J’ai découvert la musique avant la danse», se souvient Cécile. Il y a plusieurs manières de danser le tango, le tango milonguero, très enlacé, le tango salón avec ses figures plus ouvertes, le tango nuevo sans oublier les démonstrations de maestros professionnels. «La musique est variée et les morceaux durent 2-3 minutes avec des paroles sublimes, on ne s’ennuie pas!».

D’intarissables amoureux du tango!
«La tradition veut que tout se joue dans le regard. L’homme invite la femme d’un regard, elle accepte d’un léger signe de tête ou refuse en détournant son regard». C’est le cabeceo.
Tout se joue alors avec les corps au gré de figuras: ochos, boleos, ganchos, cortes, quebradas… «C’est une danse marchée, devant, derrière, à gauche, à droite, explique Daniel, l’homme précédant un peu la femme». «L’important est de mettre ses pas en musique, de danser avec sentimiento, avec de l’émotion», ajoute Pierre. «L’idée est venue d’organiser une milonga dans l’après-midi, comme à Buenos Aires, pour des jeunes aînés. Cela manquait à Genève». Une milonga est un bal avec un DJ, un bal de tango à un orchestre. C’est aussi une danse un peu enlevée qui s’enchaîne dans les bals avec tangos et valses argentines. La recherche d’un lieu a mené notre quatuor sur plusieurs pistes. Et c’est finalement avec le Service social de la Ville de Genève que Tango Nomade a pris forme et a été organisé dans les différents Espaces de quartier récemment rénovés pour y créer une animation et faire découvrir le tango aux habitants du quartier. Depuis octobre 2016, le quatuor officie une fois par mois de 17 h à 20 h 30 avec une initiation-démonstration de tango suivie d’un apéritif et d’un temps de danse libre dans ces espaces. L’envie de transmettre la passion du tango à d’autres, jeunes et moins jeunes, et de partager un moment de convivialité est le point d’ancrage de Tango Nomade.
Le quatuor Tango Nomade pense déjà à l’an prochain en esquissant quelques pas de tango…

Isabelle Fringuet-Paturle

Tango Nomade
De 17 h à 20 h 30 le 16 mars à l’Espace de quartier Seujet, le 20 avril à celui de Jonction, puis le 18 mai et le 15 juin à celui de Grottes.
Service social
rue Prévost Martin 4 bis, 1205 Genève
Tél. 022 418 97 60

 

Voir également

Paléo Festival: J’emporte quoi dans mon sac?

Le festivalier est un aventurier paré à toute éventualité. Les plus prévoyants auront toute la …