mardi , 23 mai 2017

Pour ce 1er semestre 2017, la Fondation Martin Bodmer organise deux expositions littéraires s’adressant à des publics bien différents.

Un couple sulfureux
Du 20 mai au 1er octobre 2017, la Fondation va abriter la première des grandes expositions consacrées à Madame de Staël, disparue il y a tout juste 200 ans. L’approche en sera particulière puisqu’elle rendra en fait hommage à un «couple» célèbre d’écrivains suisses romands, sous l’intitulé Germaine de Staël et Benjamin Constant, l’esprit de liberté. Fille du banquier Necker (plus tard ministre des finances de Louis XVI), première femme-écrivain moderne, Madame de Staël a été l’une des intellectuelles les mieux connectées d’Europe. Femme de tête (elle s’opposa à Napoléon), elle avait un degré d’influence certain et fit de la politique sa passion. En 1794, alors mariée, elle rencontra Benjamin Constant avec qui elle devait former, pendant de nombreuses années, le «couple» d’intellectuels le plus célèbre de l’Europe littéraire de l’époque.
2017 est une année marquante puisque l’on commémore un double anniversaire: le bicentenaire de la mort de Germaine de Staël (1817) et les 250 ans de la naissance de Benjamin Constant (1767). La Fondation, qui s’est récemment enrichie d’une bibliothèque exhaustive des œuvres de Madame de Staël en éditions originales, ne pouvait donc pas passer à côté d’un tel événement. Le public découvrira des documents intimes provenant d’archives privées (comme le contrat de vie commune scellé entre le «couple»); des éditions rares et précieuses de Corinne ou d’Adolphe; des tableaux et gravures réunis pour la première fois dans une exposition, œuvres d’artistes illustres comme Carmontelle et E. Vigée Le Brun.

Ça va «jazzer» à la Bodmer
Le 24 juin 2017 s’ouvre une exposition plus contemporaine, intitulée Jazz et Lettres qui, elle aussi, fête un anniversaire: les 100 ans du jazz. C’est en 1917, à New York, qu’a lieu le premier enregistrement d’un orchestre de jazz. En Europe, le rythme des ragtimes débarque avec les troupes américaines, quand à la Nouvelle-Orléans, berceau de la musique noire, la fermeture du «quartier réservé» engendre la diaspora des premiers jazzmen vers le nord. Source vive offerte à l’inspiration d’écrivains comme Beckett, Cocteau, Vian, parmi tant d’autres, le jazz va conquérir une sorte d’évidence classique au fil du temps et va profondément rythmer la vie artistique et littéraire du XXe siècle. L’exposition a pour but de renouer le dialogue entre écrivains et musiciens et permettra au public d’écouter les chefs-d’œuvre de l’époque grâce à un dispositif original de «douches sonores».

L. R.

Germaine de Staël et Benjamin Constant, l’esprit de liberté
Du 20 mai 2017 au 1er octobre 2017
Jazz et Lettres
Du 24 juin 2017 au 25 février 2018
Fondation Martin Bodmer
Rte Martin Bodmer 19, 1223 Cologny
info@fondationbodmer.ch
Tél. 022 707 44 33
www.fondationbodmer.ch

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