lundi , 20 novembre 2017
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Quand Claude Ratzé rencontre Israel Galván. ¡Olé!

L’adc programme ce mois de mars au BFM un spectacle «hors les murs» et quelque peu inattendu dans son éclectique programmation puisqu’il s’agit de flamenco, avec la dernière création d’Israel Galván, FLA.CO.MEN. Explications…

Israel Galván, la star du flamenco
Claude Ratzé est le directeur et programmateur de l’adc depuis plus de 20 ans. Il a donc programmé tout autant de saisons, ou plutôt concocté… Car celui qui se destinait aux fourneaux, à l’instar de sa maman, apprécie la métaphore culinaire. Mais bien lui en a pris que d’effectuer un changement de cap car «le petit père de la danse en Suisse» et son établissement ont été couronnés du Prix spécial de la danse par l’Office fédéral de la culture en 2015.
Programmer du flamenco à l’adc, c’est… «atypique bien entendu! Mais notre travail autour du futur Pavillon de la danse nous pousse à diversifier notre offre chorégraphique». C’est en tout cas une première pour l’adc: «Israel Galván est un artiste formidable que l’on voit rarement en Suisse romande. Son spectacle est d’une grande créativité, il est très contemporain, et en cela il s’inscrit parfaitement dans notre programmation».
La star sévillane du flamenco contemporain réputé pour «transcender la danse» se produira donc au BFM le 20 mars. «C’est une grosse production avec sept artistes, de la scénographie, des lumières, du chant, de la guitare électrique, du violon, de la corne et un tablao sonorisé». Et une grande salle de 1’500 places, «cela nous permet d’aborder d’autres spectateurs».

De la danse, du public et de l’instinct
Chaque saison, Claude Ratzé programme une quinzaine de spectacles et 90 représentations – dont deux «locomotives» au BFM, pour le meilleur et pour le meilleur.
«Une saison est réussie si les projets donnent à la fois satisfaction au public et aux artistes». Facile à dire, pas si facile à faire, «L’échec se mesure à l’aune de la rencontre avec le public. Mais le public n’est pas le seul baromètre car un spectacle sans public peut être de haute qualité», précise Claude Ratzé.
Il lui faut choisir parmi de très nombreuses sollicitations, être en veille permanente à Genève, en Suisse et dans le monde. Il lui faut veiller au budget – contraint ces temps-ci, «sans oublier que la création n’est pas du business». Il lui faut encore doser entre créations et accueils «et nous inscrire dans des tournées faute de moyens». A charge de l’adc d’adapter ses plannings.
Enfin, il lui faut composer avec le public: «Nous partons à sa reconquête à chaque saison. Le public de la danse contemporaine est des moins conventionnels et des plus spontanés». Pour le préserver et le conquérir, l’adc mise sur la proximité, l’échange et l’humilité: des repas partagés avec les artistes, des ateliers, des discussions, des premières dédiées aux aficionados et une douzaine d’ambassadeurs missionnés pour solliciter leurs relations. «Il faut diversifier notre public sous peine de tomber dans l’entre-soi».
Mais comme la danse contemporaine est un art difficile – «elle est à l’image du monde, pas très sentimentale, mais un peu moins cérébrale et un peu plus bienveillante…», la tâche l’est tout autant. «Notre travail est de permettre la compréhension. Le public ne se fait pas confiance, il faut l’aider à lâcher prise», et en même temps, «il faut être attentif à une forme d’exigence», l’adn de l’adc. In fine, «il faut laisser parler son instinct».

Isabelle Fringuet-Paturle

FLA.CO.MEN d’Israel Galván
Le 20 mars à 20 h 30
Bâtiment des Forces motrices
Place des Volontaires 2, 1204 Genève
Réservations Tél. 022 320 06 06
resa@adc-geneve.ch
www.adc-geneve.ch

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