vendredi , 22 septembre 2017
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Un film, un sujet, un débat, lors de l’édition 2016 du FIFDH. © MiguelBueno

«Ouvrons le débat!»

Le Festival du film et forum international sur les droits humains s’apprête à ouvrir sa 15e édition. «Ouvrir», un mot magique qui définit cette immense tribune axée sur les droits humains au travers du cinéma et du débat. Un terme scandé également dans son slogan: Ouvrons le débat!

Le FIFDH ouvre des espaces de débats et de rencontre dans une quarantaine de lieux dans le canton et en France voisine. C’est le festival hors les murs. «Cette année, nous allons jusqu’en Vallée de Joux, s’enthousiasme Isabelle Gattiker, directrice générale et des programmes, il y aura aussi des séquences au Museum d’histoire naturelle dans le cadre de son 50e anniversaire et comme l’an passé, en prison». En 2016, des projections et des débats ont eu lieu au centre de détention de La Clairière, il y en aura cette année aussi à La Brenaz. «Nous allons à la rencontre de notre public dans les communes, à l’université, dans des musées, des hôpitaux, des clubs sportifs, des maisons de quartier, à la Maison de la paix et même au Cern». Enfin, le FIFDH se décentralise dans des foyers de migrants, «avec un succès fou!».
Le festival s’ouvre au monde via les réseaux sociaux et la diffusion des débats en livestream. Il essaime à l’étranger: des projections et même des débats via skype ont eu lieu en 2016 et sont prévus en 2017 à Jakarta, à Beyrouth, au Pakistan, à Hong Kong, en Tanzanie et à Haïti. «Le festival a 15 ans! Il est tel que je l’ai rêvé. Solide, il peut continuer d’évoluer et il a un sacré avenir devant lui».

Genève, ville de refuge mais aussi d’exil
Le FIFDH est ouvert à l’art contemporain. Rithy Panh est d’ailleurs Artiste à l’honneur pour cette volée 2017. Son dernier opus Exil, présenté à Cannes en 2016, sera projeté. Une œuvre documentaire qui s’inscrit dans son travail sur la mémoire liée aux crimes et exactions du régime des Khmers rouges. Le cinéaste franco-cambodgien est en résidence au Jardin alpin de Meyrin pour réaliser une installation qui sera présentée au public dans la cour de la Maison communale de Plainpalais pendant le festival. Il s’agit d’un travail composé à partir de son film et des photographies confiées par des exilés à Genève. «Nous souhaitions établir un lien avec Genève, ville de refuge mais aussi d’exil», explique Isabelle Gattiker. Argentins, Chiliens, Arméniens, Syriens, Irakiens, Afghans, Rwandais, Espagnols,… ont prêté des clichés pris avant leur départ. «Même une famille partie d’Alexandrie en 1956 a répondu à l’appel». Isabelle espère que l’exposition partira ensuite en tournée…
L’équipe du FIFDH, 5 permanents à l’année, une vingtaine en amont et 140 bénévoles «pendant», apportent le dernier coup de main à la production de l’édition 2017. Cette année, ils sont secondés par la récente association Des amis du FIFDH présidée par Roberta Ventura, fondatrice de SEP Jordan. «Cela permet de canaliser toutes ces énergies enthousiastes qui nous accompagnent».
Le FIFDH ouvre les esprits et aiguise les émotions. «Un film, un sujet, un débat» est son leitmotiv. Le dialogue citoyen en Israël et en Palestine, les purges en Turquie, la misère au Brésil et en Inde, la remise en cause des droits des femmes en Occident, les transgenres, l’émergence d’un Black power mondial, la CPI en crise sont parmi les thèmes qui seront mis sur la table, films à l’appui.
Les échanges iront bon train lors des débats et discussions dans le In, comme dans le Off, à la librairie ou au Café Babel à Pitoeff, «the place to be» pour croiser les artistes, cinéastes et personnalités. Et cette fois, pour poursuivre le débat!

Isabelle Fringuet-Paturle

FIFDH, Festival du film et forum international sur les droits humains
Du 10 au 19 mars, en parallèle avec la session principale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
www.fifdh.org

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