lundi , 29 mai 2017
Accueil » Editions » Les fantômes de Mélanie Chappuis
Mélanie Chappuis. © Michel Juvet

Les fantômes de Mélanie Chappuis

À Genève, les vieilles demeures ont leurs secrets. Le long de l’avenue d’Aïre apparaît la Châtelaine, ancienne maison de maître. Hantée par des fantômes, elle est à l’honneur dans Un thé avec mes chères fantômes, de Mélanie Chappuis.

Boire un thé avec Mélanie Chappuis, c’est faire le plein d’énergie et de bonne humeur. Avec son sourire malicieux, Mélanie est une femme passionnée qui a plus d’un mot à sa plume. L’an passé, elle signait aux éditions Encre Fraîche Un thé avec mes chères fantômes. Retour sur un récit genevois.

Une maison, deux fantômes
«La maison dans le jardin s’appelle Châtelaine depuis longtemps, depuis que le jardin était campagne, et la maison seule au milieu des champs.» Cette maison, c’est la demeure du 87 de l’avenue d’Aïre. À l’entrée, on peut lire l’inscription Châtelaine-Vieusseux: «Châtelaine», le nom de la campagne qui s’étendait là; «Vieusseux», celui des propriétaires. Chouet, Thuiller, Bontemps, Vieusseux, Masset et Chappuis: les familles s’y sont succédé. Aujourd’hui, elle bruisse de fantômes… Ces fantômes, ce sont ceux de deux femmes: Emma Vieusseux et Michée Chauderon. L’une est bourgeoise, femme de lettres, peintre et amoureuse du Rhône. L’autre est la dernière sorcière brûlée à Genève, victime des jalousies, experte en plantes et torturée à tort. Ce sont leurs voix que Mélanie Chappuis entend dans Un thé avec mes chères fantômes. Se noue alors un dialogue à trois, tantôt enjoué, tantôt grave, flirtant avec la pièce de théâtre ou le monologue, la description ou le récit. Ces femmes se rencontrent, se racontent, unies par la même maison: deux y ont vécu ou y vivent (Emma et Mélanie); une a donné son nom à un chemin tout proche (Michée). On en ressort surpris et conquis, comme si on partageait avec elles les secrets des vieilles pierres…

L’auteure de la Châtelaine
Mélanie Chappuis n’en est pas à son coup d’essai. Après une enfance à voyager avec ses parents, elle entame des études de lettres avec un rêve secret: devenir écrivain. Si elle se lance avec passion dans le journalisme, elle ne perd pas de vue son objectif. Cinq romans et plusieurs recueils plus tard (dont Femmes amoureuses, monologues joués en janvier au Théâtre Alchimic), elle signe Un thé avec mes chères fantômes: l’occasion de réhabiliter deux femmes oubliées. En parallèle, les éditions Encre Fraîche mettent Emma Vieusseux à l’honneur, en rééditant un de ses écrits: Nouvelles d’antan. Ses dessins trouvent une place de choix dans Un thé avec mes chères fantômes, accompagnés de ceux de Philippe Chappuis, l’époux de Mélanie. À lire avec une tasse de thé, pour une plongée dans une Genève insoupçonnée…

Magali Bossi

Un thé avec mes chères fantômes
De Mélanie Chappuis
Éditions Encre Fraîche, Genève, 2016

Voir également

Des stars 2.0

Ils sont jeunes et talentueux, ils cumulent des millions de likes et de vues sur …