jeudi , 23 novembre 2017
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Taconeo au boulevard Helvétique

Des souvenirs de ses vacances en Espagne étant enfant à son année passée à Valence dans les années 90, Christian Gilliéron est ibère de cœur. Après avoir appris la langue et baigné dans la culture hispanique, il décide de recréer une petite plateforme de ce pays qu’il aime tant et ouvre le Soleil Rouge en 1998 à Genève. Le pari est risqué puisque contrairement à aujourd’hui, les bars à vins ne sont pas courant dans la Cité de Calvin, mais ça marche! Le Soleil Rouge accueille les amis de Bacchus et les amoureux des tapas dans une ambiance familiale. Et c’est entre une dégustation de vins ou de Jamón de Bellota que résonnent les taconeos des danseurs de Flamenco une fois par mois. Rencontre avec Christian Gilliéron, un amoureux de la vie spontanée!

Des tapas, du vin rouge mais aussi du flamenco, d’où vous vient cet amour pour la culture hispanique?
Fondamentalement j’aime la nature de la population qui n’a rien à voir avec la nôtre. Il y a une spontanéité, une facilité de contact et une chaleur humaine qui, à mon avis, fait défaut dans notre société genevoise. Concernant le flamenco, ce qui me plaît ce sont les émotions.

Des évènements prévus pour décembre janvier?
Au mois de décembre, nous recevons un artiste qui n’est pas sur le programme car je suis en train de changer d’équipe et sur cette fin d’année, on alterne les anciens danseurs avec les nouveaux. Le 17 décembre, de 19 h à 22 h, ce sera Etienne Mayerat, « El Niño de los Alpes », qui sera accompagné de deux femmes, Yolanda Amoldovar au chant et Michelle la Bruja à la danse. Le 14 janvier ce sera au tour de Rebeca Castilla qui s’occupe justement de cette nouvelle structure. Il s’agit d’une association qu’elle a créée afin de réunir tous les artistes intéressés par le flamenco. Avant cette nouvelle collaboration, nous travaillions avec le duo de « el niño de los alpes » et Manolo « el huelebien ». Ce qu’ils faisaient c’était très bien mais je voulais proposer un autre programme. Sinon, même si c’est moins dans le culturel et pas espagnol, nous avons prévu une dégustation d’huîtres et de foie gras. C’est plus lié aux fêtes et un coup de cœur pour des personnes avec qui j’aime bien travailler.

La clientèle a bien changé depuis 18 ans…
Oui! Au début, il y a une certaine forme de noyau dur qui se crée car j’étais à 200% dedans donc ça crée des liens petit à petit. Ensuite, avec le temps, il faut gérer la famille donc je ne suis plus toujours derrière le bar comme avant et désormais ce sont aussi les collègues qui créent des liens avec d’autres clients. Ça a un peu perdu cette âme familial du début mais ça reste très vivant et heureusement sinon j’aurai déjà arrêté. Globalement, il y a une grosse différence entre les premiers mois et aujourd’hui, et l’offre des bars à vins a explosé puisqu’il y en avait pas quand j’ai ouvert. D’autres types de comportements sont venus se greffer sur les habitudes des gens qui, dans ma génération, se retrouvaient au bistrot pour discuter et avoir une vie sociale alors qu’aujourd’hui, le smartphone prend une place prépondérante dans la vie des gens. Tout ça pour dire que maintenant la vie est moins spontanée qu’il y a des années, et c’est malheureux.

Une anecdote ou un spectacle inoubliable?
J’ai notamment rencontré ma femme ici. Concernant les spectacles, je me souviens la fois où j’ai découvert Rebeca Castilla. Elle est toute mince et assez petite mais dès qu’elle est incarnée par la musique et qu’elle danse, elle dégage une énergie incroyable et on a l’impression qu’elle prend toute la place dans la pièce. Concernant les autres anecdotes, j’ai beaucoup de choses vis-à-vis des gens rencontrés pendant ces 18 années, mais ce serait beaucoup trop long de tout raconter!

L’artiste que vous voudriez absolument recevoir?
Sting mais il ne répond pas à mes mails… et de plus, il n’est pas espagnol. Plus sérieusement, une artiste que j’aurais beaucoup voulu faire venir c’est Victoria Abril. Elle avait fait une tournée en Suisse mais malheureusement c’était trop cher. Elle est géniale et ça m’aurait bien plu qu’elle passe au Soleil Rouge.

Propos recueillis par Vanesa Dacuña Rodriguez

Soirée Flamenco, une fois par mois
Soleil Rouge, boulevard Helvétique 32
www.soleilrouge.ch

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