vendredi , 28 juillet 2017
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©Olivier Carrel

Rire pour mieux panser

Serpillette, Helvis Persil ou Kaï-Kaï, des noms à l’intonation joyeuse pour des clowns qui ne le sont pas moins. Faisant partie de la Compagnie d’Hôpiclowns, ils apportent rires et bonne humeur à l’hôpital et dans différentes institutions genevoises. L’association qui fête cette année ses 20 ans a déjà fait des siennes puisqu’un spectacle a été mis sur pied et une exposition photo d’Olivier Carrel a égayé les Bains des Pâquis en septembre. Rencontre avec Anne Lanfranchi, alias Madame Sidonie, qui a enlevé fards et nez rouge pour parler de cette association qu’elle aime tant.

Il y a 20 ans, comment s’est-on rendu compte de l’importance du rire à l’hôpital?
Tout est parti de l’Hôpital des enfants avec Madame Sutter, directrice de l’époque, des soignants et du service social de l’hôpital des enfants qui avaient entendu parler du projet «Rire médecins» à Paris. Ils ont fait venir sa fondatrice, Caroline Simonds, et c’est à la suite de sa conférence que le projet a été mis en place à Genève.

Une philosophie qui a évolué et s’est adaptée…
En effet, elle a évolué mais une constante est restée: contribuer à la qualité de vie des enfants, des adultes et aînés à l’hôpital ou en institution. Au début, nous travaillions uniquement à l’Hôpital des enfants mais en 2010, nous nous sommes ouverts à de nouveaux publics en intégrant différentes institutions comme l’hôpital de Loëx avec les adultes et les aînés, mais aussi Clair Bois-Pinchat avec des adultes polyhandicapés. 

Pourquoi avoir élargi votre centre d’actions?
C’est aussi l’expérience qui nous a donné la confiance nécessaire pour aller vers de nouveaux publics. La politique d’Hôpiclowns est celle des petits pas. Nous n’avançons pas très rapidement puisque ce qui est important pour nous, c’est de maintenir des partenariats solides avec les institutions où nous travaillons.

Vingt ans d’existence et un bilan plutôt positif…
Le bilan est très positif. Ceci dit, il ne faut jamais s’arrêter aux acquis et il est primordial de ne pas délaisser la création lors de chaque intervention. Nous devons également parfaire notre partenariat avec le corps médical et améliorer le dialogue, qui n’est pas mauvais, mais pourrait être plus présent. La recherche de fonds doit également se poursuivre pour que nos projets puissent continuer à exister.

Et une anecdote?
Un enfant de 7 ou 8 ans qui nous connaissait très bien avait réussi à se procurer un marteau de fête et voulait qu’on tape son médecin, qu’il aimait beaucoup. Quand ce dernier est arrivé, il s’est prêté au jeu en se roulant par terre et le jeune patient était hilare. Ce qu’il voulait surtout, c’est montrer les photos du médecin par terre à sa maman.

Comment faire la part des choses quand on travaille dans ce milieu?
Sur le moment, quand je suis en plein dans l’action, le jeu me protège de la situation. Parfois, en fin de journée, je prends conscience de la réalité mais chacun est très différent dans sa manière de réagir. Je pense qu’il ne faut pas être trop jeune pour faire ce métier, et ce n’est pas pour rien que la moyenne d’âge de l’équipe tourne autour de la quarantaine. Il faut associer le côté humain au côté artistique et technique.

Propos recueillis par Vanesa Dacuña Rodriguez

Hôpiclowns
www.hopiclowns.ch

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