jeudi , 21 septembre 2017
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Doris Sergy, une voix délicieusement envoûtante. © Samuel Rubio

Envoûtante et délicieuse Doris

La soprano genevoise Doris Sergy chante des thèmes qui lui sont chers: l’Amour, la Vie, la Mort ou encore la Renaissance. Le parcours jusqu’à la gloire fut long, aussi passionnant qu’éprouvant pour celle que rien ne prédestinait à rayonner sur scène. Douce et puissante, sa voix envoûtante s’élèvera à l’Abri le 19 juin à 15h, dans le cadre de la Fête de la Musique.

«J’ai grandi dans un petit village vaudois au sein d’une famille de terriens. Cet univers reculé a forgé celle que je suis aujourd’hui. J’avais besoin de me démarquer, de rompre avec les conventions et de chercher l’aventure dans le lointain. J’arborais une chevelure rouge et portais des piercings. Un véritable OVNI» s’amuse Doris. Au fil du récit, une certitude s’installe: cette jeune femme est animée d’une détermination, d’une liberté intérieure et d’une passion viscérale qui l’ont amenée à entamer un parcours étonnant, ainsi que d’une sensibilité et d’une profondeur qui la rendent si attachante…

Du grand-père à l’Australie
«Enfant, je chantais avec mon grand-père, notamment lorsque nous allions cueillir des fraises des bois. Un jour, chez des amis, j’ai découvert mon instrument de cœur: un piano. Devant mon insistance, ma grand-mère a acheté un petit piano électrique et une méthode d’apprentissage, mes parents ne cédant à mon caprice que bien plus tard». A 15 ans, Doris intègre le chœur du collège et vit un nouveau coup de foudre en interprétant Le Messie de Haendel. «Le chant lyrique me permettait d’exprimer et de « transformer » ma révolte, de me construire dans la différence. Je n’avais plus qu’une idée en tête: étudier le chant en Australie, un pays que j’idéalisais en regardant les souvenirs ramenés par mon père. A 18 ans, je suis partie à Melbourne, emmenant toute ma vie dans ma valise et certaine de ne plus jamais revenir» confie-t-elle.

Précieuses rencontres
De la rencontre d’un garçon devant une boîte de nuit lui proposant un hébergement à celle d’une jeune femme croisée dans un hall de gare lui parlant de sa professeure de chant, Doris prend ses marques et se retrouve admise au Victorian College of Arts. «J’étais insouciante à l’époque et vivais cette période merveilleuse au jour le jour. Au terme d’une année, mes économies étant épuisées, j’ai toutefois dû rentrer au pays». Si le retour en Suisse est dur, Doris n’en profite pas moins pour ajouter une corde à son arc: étudier la linguistique, l’histoire de l’art et la philosophie à l’université de Fribourg pour approfondir l’exploration du langage sous toutes ses formes. Elle revient par la suite au chant plus intensément que jamais après des retrouvailles avec une cousine éloignée, elle-même soprano. Une professeure de chant, véritable «maman d’adoption» prend la jeune femme sous son aile pour faire définitivement éclore son talent. Au décès de sa mentor, Doris est anéantie mais trouve à nouveau les ressources pour avancer. Une formation d’art dramatique et des stages de chant à Berlin, Milan ou encore Parme lui permettent de «renaître» après le deuil, d’exprimer et de partager ses émotions. Aujourd’hui, Doris jongle entre interprétation du répertoire lyrique, création de spectacles et performances mariant différentes formes d’art, à cheval entre le classique et le contemporain. «Echanger, interagir et découvrir est vital pour moi, à l’image de mes collaborations avec des écrivains, des comédiens, des peintres ou de l’exploration de la musique classique brésilienne et russe avec des complices musiciens». Prêts à vivre un moment chargé d’émotion? Tendez l’oreille, l’univers de Doris s’ouvrira alors à vous.

Doris Sergy, le 19 juin à 15 h à l’Abri
FB: Doris Sergy

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