dimanche , 19 novembre 2017
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Ellis Zbinden sur les bords du lac Léman dans les années 90.

Aquarelliste, un mode de vie…

A 93 ans, le genevois Ellis Zbinden poursuit toujours sa passion pour l’aquarelle. Convaincu de sa vocation à 14 ans, il a peint toute sa vie et remporté de nombreuses distinctions entre Paris, New-York et le Japon. Outre le lac et Genève, ses voyages en Chine, en Turquie et dans le Sahara ont nourri ses créations. Rencontre avec un grand artiste.

Pourquoi avoir choisi l’aquarelle?
À 14 ans, j’ai dit à mon père que je voulais être aquarelliste. Il m’a convaincu d’apprendre un métier, j’ai donc suivi un apprentissage de peintre en lettres. A l’époque, j’étais fasciné par Turner, Vignal et les impressionnistes. Ce qui m’attire dans l’aquarelle, c’est la transparence et la spontanéité qu’elle requiert, on ne peut pas recouvrir ce que l’on fait.»

Où puisez-vous votre inspiration?
J’aime beaucoup la rade et les ruelles de la Vieille-Ville de Genève. Mais j’ai aussi peint en haute montagne, à 5’000 m dans l’Himalaya. Ma curiosité pour les régions sauvages m’a emporté en Turquie, dans le Sahara et aussi au Bénin et au Togo où j’y ai séjourné 3 mois. Quelquefois, je vois un ciel qui me fait penser à une aquarelle. Alors, je prends mon chevalet et je me rends au bord du lac. Parfois ça marche, d’autres fois j’arrive trop tard…

A 93 ans, qu’est ce qui continue de vous émerveiller?
Chaque fois que je vois quelque chose, je m’interroge sur la perfection de sa conception. C’est extraordinaire de constater la fonctionnalité des choses dans notre environnement, l’architecture d’une herbe qui lui permet de se plier au vent sans casser…

Qu’est-ce qui vous pousse à peindre?
C’est comparable à un désir, comme une envie de chocolat ou d’amour. Je ressens le désir de peindre quelque chose pour qu’il reste dans le temps, la fixation d’un moment éphémère. C’est mon gagne-pain depuis que j’ai 20 ans…

 Quels conseils donneriez-vous aux jeunes artistes?
Un conseil serait comme un mode d’emploi, or l’art se conçoit par intuition personnelle. Le talent, c’est comme avoir une mine d’or sous les pieds. Il ne suffit pas d’y penser, il faut creuser pour y accéder.

Un moment fort de votre carrière?
En 1954, j’ai proposé une affiche pour les Fêtes de Genève sans savoir si elle serait prise. Je l’ai découverte par surprise affichée dans les rues basses alors que je venais de rentrer d’un voyage à Istanbul en Vespa.

 Qu’est-ce que vous appréciez le plus à Genève?
J’aime son côté atmosphérique changeant, tantôt calme, tantôt agité. Le lac change constamment de couleur en fonction du ciel. Et puis, j’aime les petites ruelles en Vieille-Ville.»

Propos recueillis par Guy Schneider

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