jeudi , 21 septembre 2017
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1207.net, Marcel Granger, Eaux-Vives, quartier de mémoire, Editions Cabédita. Armand Brulhart et Erika Deuber, Arts et monuments de Genève, publié par la Société d’histoire de l’art en Suisse. Genève, passé et présent sous le même angle, photos Nicolas Crispini, texte Jean-Claude Mayor.

Flânerie à la rue des Eaux-Vives

Un bout de ville à part

La rue des Eaux-Vives a considérablement changé ces quarante dernières années. Les artisans ont peu à peu quitté le quartier. Pourtant, l’endroit conserve une atmosphère particulière, un brin méridional – un quartier où il fait bon flâner.

Zone de passage, la rue des Eaux-Vives révèle volontiers sa face cachée. Nadia Mayor, qui réside dans le quartier depuis une quarantaine d’années, le décrit comme un lieu à la fois vivant et apaisant: «Il y a plein de bistrots sympas et surtout des cinémas qui proposent une programmation variée et intéressante.» La rue est une zone tampon à deux pas du lac, d’un côté le parc La Grange et ses arbres majestueux et de l’autre la frénésie urbaine. Le fonctionnement du restaurant scolaire de l’école en dit long sur l’atmosphère du quartier. Tous les midis, les enfants se rendent dans un bistrot différent pour leur repas. Un arrangement qui alimente les rencontres et le contact entre les habitants.

Tout le monde se connaît

«Une vieille voisine m’avait raconté qu’à l’époque, dans les années 30, il y avait encore une bergerie à la rue des Eaux-Vives. Les moutons allaient paître un peu plus haut et rentraient le soir» confie Nadia. On peut encore voir ce bâtiment tout en bois en empruntant le passage couvert en face de l’école. Pendant une période, la bâtisse abritait l’atelier d’entretien des «Mouettes». De nombreuses merveilles sont d’ailleurs jalousement gardées par ces façades d’immeubles pittoresques. La plupart des cours intérieures abritent des petits jardins privés, parfois exotiques… L’accès est malheureusement réservé aux habitants.

Il y a une trentaine d’années encore, la rue regorgeait de petits commerçants et artisans. «On envoyait les enfants seuls, emprunter de petits trajets, car on savait que les artisans veillaient au grain sur leur chemin.» Bien que la situation ait évolué, il reste une certaine saveur au lieu.

Promenades

Outre les nombreux bars à tapas, les glaciers et les pizzerias réputés dans tout Genève, il existe un lieu qui n’a foncièrement pas changé. L’intérieur du San Remo, anciennement Remor, à l’angle de l’avenue Pictet-de-Rochemont, semble figé dans la «Belle Epoque», un charme et une ambiance uniques. Il paraît qu’on y servait les meilleures glaces du canton! Lorsque l’on poursuit sur la rue des Eaux-Vives, il faut lever les yeux pour admirer la tour. En poursuivant sa route, on aura l’occasion de voir le Jet d’eau à maintes reprises. Saviez-vous qu’il se situait initialement à la Coulouvrenière où il servait de soupape de sécurité au bâtiment des Forces motrices? Il trouva sa place actuelle en 1891 pour le 600e anniversaire de la Confédération.

Un peu d’histoire

Au Moyen Age, les rives des futures Eaux-Vives étaient occupées par quelques baraques de pêcheurs et le lieu s’appelait alors Arenarium (sable en latin). Longtemps avant, un village lacustre s’étendait sur les rives du lac de la Pierre à Niton à Plongeon et, plus tard, une villa romaine s’éleva à l’emplacement du parc de La Grange (découverte en 1888). Au XIVe siècle, la région se prénommait encore Palluays (marécage en latin) pour devenir Aygues vives (Eaux-Vives) en raison de ses nombreuses sources captées pour alimenter la ville en eau potable. A la fin du XIXe siècle, le quai des Eaux-Vives accueillait les barques servant au transport des pierres de Meillerie, utilisées pour construire Genève. Une zone animée comme en témoignait le Luna Park installé au Parc des Eaux-Vives entre 1898 et 1913, regroupant théâtre, toboggan, train miniature, démonstrations aéronautiques, ménagerie, auberges et autres divertissements!

Pour finir, sachez qu’avant la construction du pont du Mont-Blanc en 1862, on empruntait un bateau-manège pour passer des Eaux-Vives aux Pâquis, actionné par des chevaux. Lent et bruyant, il fut remplacé par les Mouches et enfin les Mouettes, nos emblématiques navettes genevoises.

Guy Schneider et Sonja Funk-Schuler

 

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