jeudi , 23 novembre 2017
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Flânerie à la rue de Carouge

Trépidante en tout temps

Débordante d’activité, la rue de Carouge est une de ces artères que les Genevois-e-s apprécient pour la diversité de ses enseignes et de ses institutions.

 Il est rare de l’arpenter – elle ou ses perpendiculaires – sans que des travaux n’y soient effectués. Elle est encore promise à de nombreux changements, mais place tout d’abord à un peu d’histoire, en rouge et noir…

Karoujka la bolchévique

Dès 1895, Lénine vint se réfugier sept ans dans divers endroits en Suisse, travaillant à la préparation du Grand Soir qui intervint en octobre 1917. A Genève, le père de la révolution russe fréquenta la bibliothèque de la Société de lecture, la Bibliothèque de Genève (ex BPU) et, quand celle-ci ferma pour un temps, il poursuivit son activité à la Bibliothèque russe du POSDR (Parti ouvrier social-démocrate de Russie) au 91, rue de Carouge. A la fin de l’été 1904, une maison d’édition fut créée par Lénine au no 93. «A Genève, le centre bolchévique se trouvait au coin de la célèbre Karoujka (rue de Carouge) peuplée d’émigrés russes», écrira Nadejda Kroupskaïa, son épouse. «Presque tous les soirs, les bolcheviks se réunissaient au café Landolt (1875-1999) et restaient devant leurs verres de bière, discutant des événements en Russie en faisant des plans.»

Le quartier des imprimeries et livres

Atmosphère délicieusement surannée, dont il ne reste peut-être aujourd’hui que les couleurs de la devanture de la libraire-café Les Recyclables. Même concept Au point du jour près du rond-point de Plainpalais, tandis que feu la librairie Georges Haldas a laissé place à un seul café! Reste la Librairie du Boulevard, ainsi que le bric-à-brac et l’épicerie sociale de Caritas un peu plus loin. Les institutions sociales sont d’ailleurs nombreuses dans le quartier: la Croix-Rouge et le CSP ont leur enseigne d’habits de seconde main. Des logements associatif et des locaux pour les habitant-e-s ont été réaménagés à la Villa Freundler; de l’autre côté de la rue, on trouve les bâtiments centenaires de la salle communale de Plainpalais et du Casino-Théâtre, fief de la satirique R’vue genevoise.

La rue de Carouge et ses rues adjacentes, c’est aussi le quartier des imprimeurs, même si ceux-ci tirent un peu la langue par les temps qui courent. Le temps passe, et c’est ainsi que L’Imprimerie est aujourd’hui une école de danse à la rue Pré-Jérôme…

Piétonisation en marche

Percée sur la propriété de Jean-Louis (dit John Jérôme), cette rue est restée ouverte à la circulation automobile. En revanche, les rues Vignier et Leschot ont été en partie piétonnisées pour la plus grande joie des passant-e-s. Idem à la rue Jean-Violette, leurs bars et restaurants sont des invitations à la détente, tout comme ceux sis Prévost-Martin, parallèle à la rue de Carouge et qui délimite l’ensemble de Cluse-Roseraie. Rien de tel au boulevard du Pont-d’Arve, l’un des plus pollués et bruyants du canton…

A la place des Augustins, les perspectives s’élargissent, des arbres en pleine terre poussent plus librement. La rue est ensuite arborisée et plus apaisée jusqu’au pont qui mène à Carouge. La ligne droite qui partait du rond-point de Plainpalais s’arrête alors, et l’on oblique à droite pour prendre à angle droit sur l’Arve.

Pascal Sauvain

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