dimanche , 17 décembre 2017
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La passion comme métier

Rencontre avec la lauréate du Prix des Artisans Genevois

 

Depuis 1991, l’Association des Artisans Créateurs Genevois décerne, chaque année, un prix au meilleur artisan du canton. Chaque fois, c’est un métier différent qui est récompensé, afin de permettre à cette profession d’être mise en avant.

Cette année, c’est une courtepointière de Vernier qui a été primée: Marysa Ranzoni. Alors que de nombreuses personnes, surtout les jeunes, ignorent en quoi consiste le métier de courtepointière, l’artisane partage son savoir-faire et confectionne, depuis plus de trente ans, rideaux, coussins, voilages et bien plus encore, dans son atelier de la rue du Village.

Pour commencer, quel a été votre parcours professionnel?

J’ai commencé mon apprentissage à la Chaux-de-Fonds, à l’âge de quinze ans, parce que je n’étais pas très douée à l’école. J’ai eu mon CFC à dix-huit ans et en 1971 je suis venue m’installer à Genève pour pouvoir travailler dans une grande maison de décoration. Ensuite, j’ai aussi fait de la couture chez moi pour divers clients jusqu’en 1982. Cette année-là, j’ai ouvert mon atelier de Vernier-Village où j’ai formé cinq apprenties jusqu’à maintenant. C’était une belle période, car j’ai beaucoup aimé transmettre mon métier. Et au début des années 1990, j’ai fait pendant trois ans, tous les samedis, un cours pour la maîtrise fédérale à Lausanne. J’ai donc une attestation qui confirme que j’ai suivi les cours de la maîtrise fédérale, les cours «Eric».

Vous réalisez des commandes pour des clients, mais qu’est-ce qui vous inspire?

Oui, parfois certains clients viennent avec des demandes précises. En général, je leur demande qu’ils viennent avec une photo de quelque chose qu’ils ont déjà vu et je leur donne quelques explications techniques. Mais souvent, je les conseille. Je pose quelques questions sur les systèmes de rail ou de tringles qu’ils ont, je donne quelques explications. Pour l’inspiration, je leur demande le genre de tissus qu’ils aiment, mais c’est en les regardant que j’ai une idée de leur genre. On arrive à voir leur style. En général, ça marche, je leur montre ce à quoi j’ai pensé et ils sont d’accord et étonnés que j’aie trouvé ce qui leur plaît.

Quel est le plus bel aspect de votre métier?

Je dirais la couture. Parce que j’aime ça, c’est ma façon de m’évader, une sorte de liberté. On pense à plein d’autres choses. Et puis, c’est ma passion. Quand j’ai ouvert l’atelier, je travaillais souvent la nuit ou le soir assez tard et je me disais que je remplaçais les petites fées qui travaillent la nuit. Je faisais ça par conscience professionnelle, mais surtout par passion. Ce que j’aime aussi beaucoup c’est quand on doit dessiner, faire des chablons, des développés et puis, créer et diversifier avec des idées personnelles quelque chose d’existant. Avoir des apprenties m’a beaucoup plu aussi, car j’ai pu partager ce que je faisais. Après, bien sûr, j’aimerais bien que ce prix fasse connaître mon métier aux jeunes parce qu’il y en a beaucoup qui ne savent pas ce qu’est une courtepointière.

 Lauren Hostettler

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